Le manger.fr

Qui se cache derrière « Le manger » ?

Camille Oger, 28 ans, journaliste, et anthropologue de formation. J’ai travaillé aux Echos pendant 3 ans, et puis je me suis décidée à partir en Asie vivre de mes reportages. Je travaille à présent en freelance, je sillonne le continent asiatique et j’écris pour différents magazines, principalement des sujets de société. Je suis une amoureuse des îles, des pêcheurs, des fruits tropicaux, des crabes et des champignons, entre autres.

Camille Oger © Quentin Gaudillière

Pourquoi se décider un beau jour à créer un blog sur la cuisine et plus particulièrement sur l’Asie ?

Lorsque j’ai préparé mon départ de Paris, j’ai réalisé que j’avais accumulé durant des années de voyages et de vie à l’étranger (durant mes études) de quoi faire un paquet d’articles sur la gastronomie, et plus particulièrement l’ethno-gastronomie. Je savais qu’en partant vivre en Asie, j’aurais l’occasion d’en voir beaucoup plus et de le partager, et le format du blog était parfait pour cela. Cela me donne l’occasion de rencontrer des gens extraordinaires et de vivre des expériences rares, comme visiter une production de balut aux Philippines, ou un élevage de bœufs wagyu au Japon. C’est également un fil conducteur au long de mes voyages, qui m’aide à prendre du recul sur ce que je vois et goûte au quotidien. Et puis je m’amuse beaucoup en écrivant, et surtout j’apprends plein de choses.

Balut © Quentin Gaudillière

Quel est ton menu favori en France, au Japon, en Chine et en Corée? (entrée, plat et dessert)

Dès que je rentre en France, je bois du lait, je mange du pain, du jambon, du beurre et des cornichons, des champignons de Paris, de la salade, de la moutarde, de la réglisse, bref, je retrouve tellement de choses que mes repas ne veulent pas dire grand chose. Mais si je devais faire un menu, ce serait :

Entrée : salade de carottes râpées et de champignons de Paris crus avec une sauce au shoyu, mirin, moutarde et vinaigre de cidre

Plat : tartare de bœuf et frites

Dessert : une crème glacée faite maison ! Au sésame noir, au wasabi, au Bailey’s, au gingembre, peu

importe…

Japon :

Entrée : Soupe miso aux champignons nameko (mais on boit le miso après le plat de résistance, pas avant)

Plat : quelques pattes de king crab d’Hokkaido

Dessert : un melon à 100 euros !

Philippines :

Entrée : soupe miso au tamarin et aux clams

halo halo © Quentin Gaudillière

Plat : sugpo (crevette géante) au barbecue et salade de mangue, chou blanc, tomates, carottes et oignons violets, sauce soja et vinaigre de coco

Dessert : glace au fromage

Sugpo © Camille Oger

Chine :

Franchement, je suis loin de connaître toute la gastronomie chinoise, elle est bien trop vaste. J’ai surtout testé la cuisine cantonaise dont je ne suis pas la plus grande fan. Mais je recommande vivement les ravioloi chinois et les nouilles de Din Tai Fung, un restaurant taiwanais étoilé.

Dessert : Noix de coco confite, une spécialité du Nouvel An chinois à se damner

Corée:

Là non plus, je ne connais pas tout. Mais j’adore les kimbaps, le snack coréen le plus courant, sorte de maki avec plein de choses dedans. Sinon, le crabe cru a son charme.

Les kimbaps © Quentin Gaudillière
Salade pinoy © Quentin Gaudillière

As tu une anecdote de voyage à nous raconter ?

Aujourd’hui, j’ai vu des pommes qui ont battu tous les records de prix japonais que j’avais enregistrés jusqu’ici : 6 euros la pomme !

Au Japon, le prix des fruits et légumes est tout simplement incroyable. Les fraises et le melon ont la palme. Il y a un magasin de fruits de luxe dans le même building que les boutiques Gucci à Tokyo, avec un club exclusif, ils vendent quelques fruits pour des sommes exorbitantes et donnent des cours de culture du fruit, au début j’ai cru que c’était pour apprendre à les cultiver, mais non, c’est juste parler de fruits, expliquer : alors ça c’est une pastèque, ça c’est une fraise… Dément.

Quels sont les blogs qui t’inspirent ?

J’essaie de ne m’inspirer de personne, je ne voudrais surtout pas tomber dans le plagiat ou me retrouver dans un moule !

Par contre j’adore suivre le blog de mon ami Robert-Gilles Martineau, Shizuoka Gourmet, ou Just Hungry, Serious eats, J’veux Etre Bonne, Food+More même si, en toute honnêteté, je manque vraiment de temps pour une lecture assidue.

 Ton livre de cuisine et de voyage préférés ?

Je n’ai qu’un seul livre de cuisine chez moi, Kulinarya, un superbe ouvrage sur la cuisine philippine. Je l’ai ouvert deux fois. Je ne me suis jamais servie d’un livre de cuisine. Je cherche les recettes sur internet lorsque j’en ai vraiment besoin, je compare les versions, trouve le juste milieu, rajoute ma touche personnelle, ou bien j’apprends en regardant les autres faire.

Par contre, du côté des livres de voyage, j’en ai pas mal. Il y a l’intégrale de Nicolas Bouvier, qui couvre plusieurs décennies à travers tous les continents. Et puis Monfreid, bien sûr, les carnets de bord du Capitaine Cook, Alfred Wallace… Mais surtout, mon livre préféré, « Voyage d’un naturaliste autour du monde » de Charles Darwin, une véritable merveille écrite dans les années 1830, d’une sensibilité, d’une intelligence et d’une fraîcheur exceptionnelles. D’ailleurs, pour rester dans le culinaire, il décrit la « gastronomie » des gauchos en Argentine dans un passage, c’est complètement fou.
Les spécialités culinaires de ta région d’origine ?
Je viens d’Antibes, dans les Alpes Maritimes, ma maman est niçoise, mon papa normand. J’ai grandi dans le sud mais passé tous mes étés dans la Manche. Du coup, j’ai grandi avec deux cuisines régionales très variées.
Chez maman, il y a la ratatouille (qu’elle réussit à merveille), les beignets de fleurs de courgettes, la socca (une sorte de crêpe à la farine de pois chiches), la pissaladière (une tarte aux oignons confits avec une pointe de pissalat, une espèce de sauce d’anchois), le miel de lavande, les câpres et tellement d’autres choses…. Les courgettes trompettes locales sont incroyablement fondantes. C’est du beurre. Dans le jardin de maman, il y a des petits artichauts violets que l’on mange crus en salade, des figues, des oranges amères dont on fait de la confiture, du vin et de l’eau de fleur d’oranger…

Chez papa, il y a des tourteaux magnifiques, des crevettes bouquet, des moules-frites, des fromages fantastiques au lait cru, du jambon braisé, du cidre sec impossible à trouver ailleurs, de la salicorne, des carottes de sable sublimes, de la piquette (un fromage blanc très acide qui se mange avec de la bonne crème normande bien grasse) etc. Dans le jardin, on trouve tout simplement les meilleurs pommes du monde.

Ton TOP 5 des villes ou pays que tu aimes ?

Je ne suis pas sûre de pouvoir établir un classement, mais dans le désordre, j’adore :

– Kulusuk, un petit village du Groenland où j’ai vécu avec 300 inuits, principalement des chasseurs et pêcheurs,

– Hakodate, une petite ville d’Hokkaido au nord du Japon avec un charmant port de pêche où l’on débarque chaque matin d’énormes king crabs,

– Antibes, ma ville d’origine, et son cap magnifique,

– Bunaken, une île au nord de Sulawesi en Indonésie, dont les fonds marins sont à ce jour ce que j’ai vu de plus beau,

– Utrecht, Belfast, Brighton, des villes européennes de taille moyenne, agréables à vivre, où les gens sont accueillants et où l’on a le sens du confort. Avec, pour les trois, une scène artistique hyper intéressante et plein de restaurants et bars chaleureux.

Ton plus beau voyage ? et pourquoi ?

Je ne pense plus vraiment en terme de voyage, j’ai beaucoup vécu à l’étranger, dans tellement d’endroits différents… Je garde un souvenir ému de mon arrivée au Groenland, l’émerveillement devant mes premiers icebergs, mes premières aurores boréales. J’ai adoré me balader au Japon, et j’ai passé deux mois fabuleux dans un village tribal aux Philippines, à pêcher et à manger de la langouste. Des expériences de ce type, j’en ai vécu tellement qu’il est difficile de n’en garder qu’une.

Pêcheur Phil © Camille Oger

Ta ou tes citations favorites ?

J’ai tendance à utiliser des citations en contexte éventuellement, mais une citation toute nue, c’est un peu difficile…

Ta plus belle photo ou ton plus beau souvenir en photo ?

Ce n’est certainement pas ma plus belle photo mais je l’aime beaucoup. Je l’ai prise sur un bateau de pêche Tagbanua – les Tagbanua sont la première ethnie à s’être installée aux Philippines. J’ai eu le privilège de partir toute une journée avec eux pour observer leurs techniques de pêche, je ne le savais pas à ce moment-là mais c’était la première fois qu’ils autorisaient une femme à embarquer sur un de leurs bateaux. Je vivais à cette époque dans un petit village de pêcheurs où tous les hommes prenaient la mer pour attraper poissons, poulpes et oursins dans les récifs coralliens. Une vie simple, une économie de subsistance, des produits frais et délicieux, c’était le bonheur. Le joli poisson sur la photo, c’était la première prise du jour.

Poisson © camille Oger

Quels sont tes futurs projets ?

Demain je pars explorer et documenter les confins de l’archipel d’Izu, au sud de Tokyo, et plus particulièrement une île volcanique dont tous les habitants ont dû être évacués entre 2000 et 2005. J’en rêve depuis des années ! Puis dans trois semaines, je quitte le Japon, cap sur Taïwan ! Je suis impatiente de découvrir cette île dont on ne m’a dit que du bien. Je ne sais pas encore où j’irai ensuite.

Retrouvez sur la toile LE MANGER

TWITTER

Crédit photos © Quentin Gaudillière © Camille Oger

Le contenu n’est pas libre de droits.

TOUS DROITS RÉSERVÉS. ALL RIGHTS RESERVED.

6 réflexions au sujet de « Le manger.fr »

  1. Camille est ma fille, j’adore sa curiosité, sa liberté, ses articles, ses photos…
    une belle vie faite de passions et de communication

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *